Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec plaisir en vous apprenant tous en bonne santé. Moi je puis t’en dire de même, je me porte à merveille. Tu me dis que peut-être ta lettre me trouvera loin de Corté, et bien non je suis encore dans ce beau pays, mais tu sais cette fois-ci je pars demain vendredi au train de 7h du matin, mais nous partons pour le 141 à Marseille.
Hier, le Capitaine nous a fait arraché les numéros du 170ème. Ce matin, on devait partir pour le 141 à midi, c’était de nouveau pour le 170ème. Et nous sommes allés sur la place pour passer la revue et nous avions bien recousu nos écussons. Puis il y a eu contrordre, nous sommes retournés à la caserne pour prendre les numéros du 141 et à 9h du soir, nous avons passé la revue pour partir demain matin à Marseille.
Tu peux croire que je suis content de revoir le pays, car ici ce n’est pas tout à fait le même et puis en changeant de régiment j’aurai la chance de ne pas revenir en Corse. Tu peux croire que ces revues ça nous en fait un fourbi, tu ne peux l’imaginer. J’ai maintenant 2 paires de caleçons et 2 chemises tout à fait neufs. Je suis très bien monté, nous avons même un petit paquet de pansements.
Albert ne part pas de cette fois et vous envoie le bonjour. Pas davantage pour cette fois, je vous écrirai de Marseille. Le bonjour à toute la maison. Votre petit pioupiou vous embrasse. Adieu Corté. Riri.