Pour mon dernier jour que je reste à l’hôpital, il ne faut le laisser passer sans te donner de mes nouvelles qui sont toujours excellentes et dont j’espère bien que ma misérable lettre vous trouvera tous de même.
Ce matin, le major a pourtant fini pour me mettre partant, alors je rentre à la caserne demain vendredi, et tu peux croire que c’est avec plaisir que je vais rejoindre les copains, car il y a longtemps que je ne suis pas sorti de ce fameux hôpital. On est presque comme des prisonniers, il y aura 3 semaines après-demain que je suis enfermé, c’est-à-dire samedi.
Hier dans l’après-midi, le Général est venu visiter les malades, mais il n’est pas rentré dans la chambre où je suis, il devait avoir peur de prendre les oreillons. Il a l’air bien vieux, il est tout blanc. Je ne sais pas si c’est en son homme, mais aujourd’hui nous avons eu 3 biscuits chacun après la soupe. A présent je pourrai au moins manger à réflexion.
Mardi, les soldats ont tous manœuvré devant le Général, ils avaient comme manœuvre la défense et la prise d’une tranchée. Il paraît qu’il a été très content de ces hommes.
J’ai 6 jours de repos à la caserne, ce qui fait que je passe le mois de mars sans trop me fatiguer.
Demain vendredi, il n’y a pas de convoi pour Bastia. On ne sait encore quand est-ce qu’ils partiront.
Je pense que ce soir Albert m’apportera mes lettres et j’en attends une de toi.
Aujourd’hui, il fait de nouveau bien beau. La neige sur certaines montagnes finit pourtant par se reculer, aussi plus de 3 mois que je suis ici. Je ne les ai pas encore vues sans neige. Il a pourtant fait chaud ici à Corté.
Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui, à présent je ne vous écrirai pas tous les jours car ça finirait par vous embêter tout le temps ces lettres. Le bonjour à Jules et Rémy. Ton petit soldat qui pense à vous tous et vous embrasse bien tendrement. Riri.