12 mars 1915 – Chelles - Ma chère Blandine…

Je réponds à votre aimable lettre que j’ai reçu mardi avec grand plaisir d’apprendre que vous êtes tous en bonne santé, mais je crois bien que vous devez en avoir besoin, car avec le travail que vous avez, vous n’avez pas besoin d’être malade, encore si on vous laisse Rémy, mais j’ai bien peur que cette fois, il vous l’ai enlevé. Enfin pourtant on pourrait bien en laisser quelques uns et Maman est-elle remise un peu ? C’est bien ce désir, chère Blandine, vous remercierez bien Maman des 5 francs qu’elle m’a envoyé. Pauvre maman, elle est très bonne pour moi.
Avant-hier, j’ai reçu une lettre de mon beau-frère Henri. Il va bien, et il me dit qu’on ne le fait pas trop bardé. Je vais lui faire réponse aujourd’hui, si j’ai le temps.
Vous me dites que mon petit Riri se fait bien grand et gros. Mon dieu, que j’en ai bien plaisir, sûrement que je ne le reconnaîtrai pas, le temps me dure assez de revoir tout mon monde. Il faut que je termine car on m’attend pour la soupe. Vous embrasserez bien pour moi Papa, Maman, Maria et le petit Riri, n’est-ce pas ma chère Blandine. Un grand bonjour à Rémy. Votre beau-frère qui vous aime. Goudard Rémy.
PS : ma santé est excellente.