Aujourd’hui, comme hier, je t’écris de nouveau, car ça me fait passer un petit moment et en même temps je te dirais qu’aujourd’hui je suis complètement guéri. Je n’ai plus rien du tout. Je ne sais pas si on laissera finir mes 20 jours, car la place manque pour les autres, mais dans tous les cas, je ne demanderais pas à sortir, car ici, on n’est pas tout mal, pour manger, il n’y en a pas de reste, mais il y en a toujours quelqu’un qui ne le finit pas, alors on s’arrange comme on peut, puis si on ne mange pas tout à fait tout, on n’a qu’à se coucher, alors ne travail n’est guère pénible. Je pense que vous êtes toujours en bonne santé.
Ceux qui avaient été désignés la semaine dernière sont partis aujourd’hui à 6h pour Bastia et cet après-midi, ils partaient pour Marseille et de là à Carpiane, à 20 km pour faire des grandes manœuvres et en même temps, les changements de régiment. Ils vont au 419, mais ça m’étonne, car il me semble que c’est un régiment de réserviste. Je ne sais pas si c’est bien vrai. Hier soir, deux de mes copains sont venus me dire adieu ici à l’hôpital.
Je pense qu’aux Hauches, il doit y faire beau ces jours-ci, car ici il fait bien chaud, mais les nuits sont toujours un peu froides. De temps en temps, on fait une partie de cartes, ça fait passer la journée plus vite. Tous les matins, nous avons la visite du lieutenant major, qui est tout à fait de bonne manière, il rigole toujours quand il nous parle tous les matins, il demande combien nous avons de jours d’hôpital.
Plus rien de nouveau pour aujourd’hui. Embrasse bien le papa et la maman, et pour toi, mille caresses de ton petit fantassin. Le bonjour à Jules et à Rémy. Vareille Henri. Bonjour d’Albert.