2 Mars 1915 - Corté - Ma chère Blandine...

Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec grand plaisir en vous apprenant tous en assez bonne santé et puis le mandat qu’il y avait dedans dont je ne m’y attendais pas. Je n’aurai pas besoin d’envoyer de dépêche, à présent vous pouvez attendre quelques jours car j’en ai en attendant peut-être je saurais quelque chose de nouveau. Ma santé est toujours très bonne.
Aujourd’hui j’ai pris la garde au poste avec Albert. Ce matin, on a demandé les volontaires pour partir en leur disant qu’ils allaient rester 20 jours en France. Il en fallait 35 et il y en avait 50 qui demandaient, mais moi je ne suis pas si porté de bonne volonté. Je n’ai rien dit et Albert s’est fait inscrire, alors il est probable que nous ne resterons guère plus ensemble. Pour quant à moi, je ne sais absolument rien quand est-ce que je partirais, nous resterons toujours quelques jours à Marseille.
Aujourd’hui, le temps est très bon. J’y joins une deuxième photo au cas où la première ne serait pas arrivée, vous auriez celle-là. Embrasse bien le papa et la maman pour moi et pour toi les meilleures caresses de ton petit frère. Vareille Henri.