Deux mots aussi aujourd’hui pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours excellentes et dont je pense bien que ma petite lettre vous trouvera tous de même.
Hier j’ai eu la visite de Teyre après midi et il pensait que vendredi il y a convoi, mais ce n’est pas encore bien sûr. En tout cas, ici lui est du nombre. Il viendra me voir avant de partir et puis je le savais pour ceux qui m’apportent mes lettres, en tout cas, tu vois que je ne serais pas des premiers heureusement.
J’ai reçu une lettre de la cousine de Lyon qui me dit que Camille est dans les tranchées. La première fois, il y est resté 8 jours. La 2ème fois, 10 jours et la 3ème, il ne sait pas ce qu’il va y rester, il est en première ligne. Elle me dit qu’ils ne sont qu’à 7 ou 8 mètres des tranchées boches, mais il ne me semble pas que ça puisse être vrai qu’ils soient si près.
Ici, il fait un beau temps superbe. Ces jours-ci seulement, on ne peut pas bien en profiter, on va bien dans la cour mais elle n’est pas bien grande, alors on y est vite assez resté, c’est égal. Je passe quelques jours où je ne m’en fait pas trop tu sais, on ne se la foule pas ici, lorsqu’il faudra retourner à l’exercice, ça va être bien pénible pour porter cet as de carreau surtout.
Seulement, d’ici là, je pense que les jeunes seront arrivés, alors nous nous serons plus tranquilles je pense.
Plus grand-chose pour aujourd’hui, le bonjour à Rémy et à Jules et pour vous tous les meilleurs souvenirs et amitiés de votre petit soldat qui pense à vous. Vareille Henri. Bonjour d’Albert.