Deux mots pour te donner de mes nouvelles et en apprendre des tiennes, dont je pense que vous êtes toujours tous en bonne santé. Pour moi, je me porte toujours à merveille. Le matin, je reste au lit jusqu’à ce que le major est passé, parce que si j’étais debout, il me dirait que je suis guéri et comme quoi, il ne se tromperait pas, alors des fois il me ferait sortir, tandis qu’étant couché, il ne me dit rien, et pourtant ici tu sais on s’embête bien de ne pouvoir pas sortir, c’est qu’on a rien à faire du tout. Personne ne nous emmerde et on est très bien nourri, alors je vais y rester tant que je pourrai et de l’affaire, je ne me lève jamais avant 9h30 ou 10h. Tu penses si je fais de bon sommeil, je me réveille toujours par là à 6h le matin. Aujourd’hui, au lieu de fumer ma cigarette sur mon lit, je suis allé dans la cour avec Albert et deux autres de mes amis. Ici, il fait un beau temps superbe, on se dirait au mois de mai.
Devant l’hôpital, il y a un bon vieux qui travaille son jardin alors souvent je suis à la fenêtre pour le regarder faire. Aujourd’hui, il sème des pommes de terre.
Je pense que ce soir je recevrai quelques lettres, il devrait mieux y en avoir, hier seulement on a fait une marche de nuit alors on n’a pas pu me les apporter.
Les blés sont-ils jolis maintenant à la sortie de l’hiver et avez-vous mis l’eau au prés coteau ? explique-moi un peu ça sur une réponse.
En ce moment, Albert est parti faire un sommeil, mais moi je ne cherche pas à dormir dans le jour, car la nuit il me faudrait veiller.
Plus rien de nouveau pour aujourd’hui. Embrasse bien le papa et la maman pour moi. Le bonjour à Rémy et à Jules. Pour toi, les meilleurs mimis de ton petit soldat qui pense à vous tous. Le bonjour aux parents et aux voisins. Vareille Henri.
PS : Albert vous envoie le bonjour. Il me reste encore une photo et je te l’envoie.