Aujourd’hui 7 janvier, j’ai reçu 6 lettres, de 1 de votre part qui était faite du 29/12/1914 et le 5, j’en ai reçu 1 datée du 3 décembre, alors tu vois somme c’est régulier.
Aujourd’hui, il y en avait 1 du Vergier, 1 de Maria, 1 de Veurre, 1 de Ferdinand de Jamaysse, 1 de la Tante Mélanie dont elle me dit que les cousines travaillaient à soigner des blessés qui paraît-il font bien pitié à voir, alors pense combien j’étais content d’avoir tant de bonnes nouvelles.
Pour la faim et le froid, je ne crains rien tu sais, malgré que nous voyons la neige pas loin ici, il ne fait pas froid à plutôt chaud. Et pour la faim, je sais me soigner du pain. Avec Albert, on se débrouille et de temps en temps, j’achète une tablette de chocolat 8 sous et avec ça je suis bien. Je mange toujours à volonté et puis tu sais, les journées ne sont pas trop forcées. Jusqu’à 10h, nous ne faisons rien. A 10h, on va à l’exercice. Avant qu’on y soit, c’est toujours 11h. A 15h, nous repartons, alors nous avons 4h pour manœuvrer, mais il y en a assez tu sais pour être emmerdé, et puis il y a pas mal de pauses, mais autrement ce que nous faisons ce n’est que des amusements.
Nous couchons toujours tous les deux avec Albert, mais à présent nous avons des draps et nous sommes très bien. Il vous envoie aussi un bonjour.
Tu me dis que ses parents n’ont pas reçu de lettres, pourtant il a écrit assez souvent, mais je ne comprends pas ce fourbi. Dans tous les cas, il va très bien aussi que moi et j’espère que ma lettre vous trouvera de même.
Surtout ne vous faites au moins pas de mauvais sang car vous pouvez croire que moi je ne m’en fais pas du tout par conséquent, faites comme moi. Votre tout dévoué Vareille H.
Je réponds en même temps à Mercier qui n’a pas reçu de lettre et pourtant je lui ai écrit le second jour que je suis arrivé.