Aujourd’hui 21, j’ai reçu une lettre de ta part qui m’a bien fait plaisir. Surtout en m’apprenant que vous êtes tous en bonne santé. Surtout que la maman, son mal de gosier lui est à peu près passé. Pour moi, je me porte toujours à merveille et nous sommes toujours bien nourris.
Il y a 3 jours que tu n’as pas eu de nouvelles, pourtant je vous écris toujours un jour ou l’autre, quand ce n’est pas tous les jours, mais dans tous les cas, ne languissez pas pour ça.
Nous couchons toujours tous les deux, avec Albert et sommes toujours bien d’accord. A présent, lui est chef de chambre et élève caporal, alors il aura beaucoup plus de travail que moi. Pour quant à nos chefs, il y en a de tout, mais en général, malgré qu’il y en a beaucoup de corses, ils ne sont pas trop méchants. Mais ils changent souvent. Les mêmes ne restent pas bien longtemps, à moins qu’ils soient boiteux ou infirmes.
Aujourd’hui il en est pas mal parti des soldats, caporaux et sergents pour le front. Et demain, il en part encore enfin toutes les semaines, il y a des départs.
Aujourd’hui, je suis allé au tir, j’ai tiré 8 cartouches et j’ai eu assez bien.
Alors tu me dis que tu as vendu tes poulets et le mien aussi. Mais tu te débrouilleras, le mien seul valait 100 sous et je me réserve 100 sous de l’étrenne du cochon, ce qui doit me faire 10 francs. C’est bien compris n’est-ce pas ? La paille, combien la paye-t-on ? et à qui l’a-t-on vendue ? explique-moi un peu ça.
Je crois bien que je n’ai plus grand-chose à te dire pour cette fois car je t’en ai déjà tant dit. Surtout ne vous faites pas de mauvais sang, car moi je n’ai encore jamais pu m’en faire quoique je pense souvent à vous tous. Embrasse bien le papa et la maman pour moi, ainsi que toi. Le bonjour à Rémy et au voisin. Bonjour d’Albert. Ton petit frère qui pense à toi. Bonjour à Groûle. Vareille Henri