Je réponds à ta lettre que j’ai reçu aujourd’hui avec tant de plaisir, surtout qu’elle n’était pas seule. Il y en avait une de Chaudoreille, une de Syale, une de Marie du Vergier et une de la part du papa de Rémy. Alors je vois que vous êtes toujours à peu près en bonne santé et bien moi aussi, j’ai un appétit d’enfer et je ne travaille pas trop. Tout ce que nous faisons, c’est toujours des amusements, ce n’est pas pénible du tout. On est toujours assez bien nourri. Par conséquent, on n’est pas mal.
Aujourd’hui, Albert s’est aperçu qu’on lui avait volé 10 francs et il ne lui reste pas grand-chose. Il écrit chez lui mais au cas où sa lettre se perdrait, moi je vous l’écris et faites le savoir chez lui et de même Vérilhac, comme je l’ai dit bien, je lui ai donné 100 sous qu’il vous portera dimanche.
Demain, nous avons marche et on va manger la soupe en campagne. Ce que nous n’avons pas encore fait.
Aujourd’hui, nous avons eu l’exercice dans les chambres à cause de la pluie et de la neige par moment. Autrement, il ne fait pas froid du tout. En ce moment, vous bûchez beaucoup, vous plantez les choux alors c’est très bien, vous bûchez beaucoup plus que moi et Régis Goudard travaille-t-il nettement et la vieille, que fait-elle ? est-ce qu’elle est toujours à Groûle. Je pense bien que maintenant, vous devez être habitué à mon absence et au moins vous ne devez pas vous faire du mauvais sang. Je vous écris assez souvent, vous pourrez être bien tranquille dans tous les cas pour moi, je ne m’en fais pas du tout, par conséquent faites comme moi. Albert vous envoie le bonjour à tous, donnez le bonjour chez lui au Vergier et à Syale pour moi et pour vous tous, les meilleurs souvenirs et amitiés de votre petit fantassin qui pense à vous mais qui ne s’en fait pas. Vareille H.