C’est à vous deux que je viens m’adresser aujourd’hui, d’abord vous donner de mes nouvelles toujours très bonnes. J’espère que ma lettre vous trouvera tous de même. Vous pouvez être bien tranquilles et bien certains que je ne me fais jamais de bile. Je voudrais tant que vous fassiez comme moi. Surtout vous avez souvent de mes lettres car chaque jour je vous écris alors vous n’avez pas à vous inquiéter de moi. Mais je vois d’ici que ça ne doit pas être ainsi, surtout comme je vous ai dit que j’étais de ce côté, mais à présent, il n’y a pas d’attaque d’infanterie. Ce n’est que l’artillerie qui bombarde continuellement, alors soyez bien tranquilles. Du reste, nous sommes toujours au même endroit et partons au repos le 4 ou 5 avril du côté de Bar-le-Duc ou Saint-Dizier, alors là nous trouvons ce que nous voudrons à acheter et pour quelques temps. Tachez de ne pas vous faire de mauvais sang en ayant toujours courage et surtout confiance. La Sainte-Vierge me protégera jusqu’à la fin qui n’est certainement pas loin, comme elle l’a fait jusqu’à présent. Du reste, vous n’avancez à rien, que du contraire. Vous vous abîmez la santé et c’est tout. J’ai encore pas tout à fait fini le fromage, il est délicieux, puis il me fait manger beaucoup de pain, fais beaucoup de profit. Dans la nuit, ça gèle un peu mais dans la journée, nous avons un soleil superbe aussi dans les jardins, j’ai vu des poiriers taillés en xx prêts à fleurir. Il y a de superbes jardins.
Encore une fois, soyez courageux, ne travaillez pas trop et soignez-vous bien. En attendant le plaisir de nous voir bientôt en bonne santé et en paix, je vous embrasse de tout cœur.
Votre petit Henri qui pense à vous. Vareille.