26 mars 1916 - Ma chère Blandinou...

Je réponds à ta lettre du 20 reçue hier soir avec beaucoup de plaisir en apprenant votre bonne santé à tous. Je puis t’en dire de même, ça va toujours à merveille comme je te l’ai dis hier, sommes en repos. Bien où tu me dis mais je crois qu’on va repartir à l’arrière pour quelques jours, alors en attendant on verra plus loin, car tu sais ça doit se tirer sur la fin. Alors tu me dis ne pas recevoir mes lettres, pourtant elles doivent remonter et tous les jours je t’écris. Certainement tu les recevras et tu seras au courant. Je reçois bien les tiennes, elles mettent 5 ou 6 jours pour venir. Tu peux croire que je suis content d’être sorti de ce fourbi et j’espère bien ne plus jamais revenir ici. A présent, c’est bombardé par moment. C’est aujourd’hui dimanche, mais on ne s’en aperçoit guère ici, déjà aujourd’hui nous avons une revue d’armes, c’est toujours bien la carrière militaire. Je m’aperçois que les rats sont toujours tes redoutables ennemis avec tes lapins, tu leur en veux du mal. Tu faisais beaucoup de bruit de ta couvé mais je m’aperçois que ta poule ne fais pas grand-chose de bon. Elle n’est bonne que pour gueuler quand on lui passe à côté. T’auras du mal à faire facture avec tous ces bestiaux.
Alors plus rien pour aujourd’hui et ne vous en faites pas, suis à l’abri pour quelques temps. Je vous embrasse tous bien tendrement. Bonjour à Rémy et Ferdinand.

Henri.