Me voici encore un moment occupé à te faire la causette. Je pense que vous êtes toujours tous en très bonne santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et comme tu le sais jamais bileux. Nous voici dans notre 4ème jour de première ligne et sommes relevés ce soir. Allons encore 4 ou 5 jours en réserve dans un fort, après ça foutons le camp de nouveau en arrière, alors soyez tranquilles. Nous ne savons pas où nous reprendrons les tranchées mais pas ici. Les artilleurs envoient toujours des obus, c’est leur passe-temps. Ce matin, j’ai reçu une lettre de la Tante de Chaudoreille et une d’Elisabeth. Aujourd’hui je t’envoie qu’une petite lettre bien serrée pour que j’ai plus que 4 ou 5 feuilles, alors obligé d’économiser ? Je pense un de ces jours en recevoir de toi, en attendant je t’enverrais qu’une carte. Par moment, il tombe quelques gouttes, mais ça vaut mieux qu’un temps clair, nous sommes moins bombardés.
Plus rien pour aujourd’hui. Bien des mimis au papa et la maman ainsi que Maria et Riri. Le bonjour à Rémy et Ferdinand. A toi ma petite Blandinou, bien des caresses de ton petit Henri qui pense à vous et ne s’en fait pas.
Vareille.