9 février 1916 - Tilly - Ma chère Belle-Sœur...

A tiens cette après-midi, on nous laisse un peu libre alors je vais en profiter pour te donner de mes nouvelles, je te dirais ma chère belle-sœur que la santé est toujours excellente. Dieu merci, je désire vivement que ma présente vous puisse tous trouver de même. Tiens cette après-midi, il tombe de la neige mais quand même elle ne peut pas blanchir, c’est un pays qu’elle en tombe pas souvent, mais aussi, il se rattrape sur la pluie, ni il ne fait pas souvent bien froid. Aujourd’hui, ces monstres de boches ont bombardé le village que je suis, ils y ont envoyé une dizaine d’obus. Heureusement, ils n’ont attrapé personne. Le village est à 15 km de la première ligne de tranchées, voilà quelques jours qu’ils bombardent les villages qu’ils ont par là aux alentours. Samedi, nous repartons aux tranchées, soi-disant pour 24 jours. Nous n’allons pas au même endroit que nous étions les dernières fois. Cette foi, nous serons dans un bois qu’on appelle le bois chevalier, nous y avions déjà été avant que j’aille en permission. Dans ma compagnie, ils n’ont pas encore tous été en permission, encore une quinzaine alors, mois je ne suis pas près à y retourner.
Ma chère Belle-sœur, embrasse bien pour moi mes bons Parents, ma petite épouse ainsi que mon petit étourdi Riri.

Ton beau-frère qui t’embrasse bien fort et qui pense souvent à sa petite belle-sœur. Goudard Rémy.
PS : Henry m’a écrit ces jours-ci, il allait bien, il ne se fait jamais de mauvais sang.