Je réponds à ta lettre du 5 que je viens de recevoir avec beaucoup de plaisir en apprenant tes bonnes nouvelles. Je vois que les bestiaux ne te manquent jamais, puis les rats ne te fâchent plus seulement c’est la mère lapine, alors c’est toujours pareil. Ca va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile. Tu m’excuseras si t’as resté plusieurs jours sans avoir de lettre, car les boches ont de nouveau attaqué et ma fois, nous avons monté aux tranchées le 8 et en première ligne, car tu sais la 226 était en ligne. 2 compagnies se sont rendues et une a été esquintée alors c’est pour ça qu’on a été alerté et ils ont pris la première ligne, mais c’est tout à présent. Sur les autres secteurs, j’en sais rien mais je ne crois pas qu’ils aient guère avancé, puis les nôtres en sont aises, ils n’ont qu’à faire des mines comme les boches et ils n’avanceront pas. Si ça marche comme les affaires de la ville. Aujourd’hui, nous sommes en réserve et demain allons au repos, mais le grand repos, il nous font chier. On doit toujours y aller, mais on ne sait jamais quand. Ce qui me plaît, c’est que bientôt j’irai en permission. Hier Vallon a été blessé au bras par un éclat d’obus.
Plus rien pour aujourd’hui, le temps est un peu plus froid. En attendant le plaisir de nous voir bientôt, je vous embrasse tous de tout cœur.
Henri Vareille.