Je viens de recevoir ta lettre avec grand plaisir de te savoir toujours en bonne santé. Pour moi, ça va de un peu mieux, mais je suis toujours pas fort, mais je ne suis pas foutu encore, ni je n’ai pas envie de rester ici à Chalon. Je ne pense pas à partir encore en permission vu que je ne suis pas guéri la semaine dernière, j’étais moins malade que maintenant mais je m’en fais pas pour ça. Peut-être que je serai évacué à Belleville à l’hôpital où je travaillais avant la guerre, car les sœurs ont écrit ici à mon major pour qu’il m’envoie à Belleville. Ne t’empêche pas à me faire la blague car malgré que je sois malade, je fume quand même. Il faudrait que je sois presque mort pour ne pas fumer. Ici, nous avons un temps très variable : tout à coup il pleut, tout à coup du beau temps et par moment il fait froid. J’ai eu grand plaisir de recevoir ta lettre car au moins je passe un moment à la lire. Les lettres ne mettent pas longtemps pour venir ici. Ta lettre a parti hier dimanche et je la reçois aujourd’hui lundi à 4h et je te réponds de suite. Tu as bien fait de m’envoyer du papier, car j’en avais point.
Si ton frère arrive avant moi, tu lui donneras bien le bonjour de ma part. Je m’arrête pour aujourd’hui. Je t’embrasse sur tes deux joues. Le bonjour à tes parents.
Henri Maneval.