Aujourd’hui, je viens te faire un petit moment la causette, car j’ai le temps. Nous avons changé de trous alors ici nous sommes moins gênés. J’espère que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne m’en fais jamais, quoique nous sommes aux tranchées encore pour 2 jours. Il est toujours bien question après ça d’aller au repos, surtout que la division a rudement besoin d’être reformée car cette fois-ci, certains régiments ont eu beaucoup de pertes. L’obus qui a blessé Vallon en a blessé deux autres, un caporal et mon sergent mais heureusement ce n’est pas grave du tout. Nous avons un sale temps. La pluie presque neige par moment et ne fait pas chaud. Heureusement nous sommes en réserve et je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Il part toujours des permissionnaires et mon tour approche, alors ça me plaît. Tu verras que le 29 février, je ne serai pas loin à partir.
Le bonjour à Rémy et Ferdinand ainsi qu’à tous les parents et voisins et pour vous tous mes plus tendres et doux baisers, au plaisir de nous voir bientôt.
Vareille Henri.