4 janvier 1916 - Chère petite sœur...

Ce soir avant de me coucher, je viens aussi te faire un petit moment de causette depuis je suis de garde jusqu’à demain à midi mais tu sais ce soir, j’ai passé une bonne petite veillée en buvant un petit canon car le poste de police est juste à côté d’un bistrot, puis tu sais bien que je ne suis pas un vitrier à me biler. J’espère que ma lettre vous trouvera tous en parfaite santé et vous pouvez bien finir de planter vos choux car le temps est toujours bien doux et il pleut toujours de temps en temps. A présent, je vais raconter une histoire sur la paix et pis j’ai paire une bouteille de champagne si cela arrive. Un de mes collègues qui est arrivé de permission ces jours-ci veut que la guerre soit finie à la fin février parce que sa femme fait quelques trucs avec un livre de messe et une clef. Si la clef tourne sur le livre, ce qu’elle demande arrive. En même temps, elle lit un évangile et il parait que la paix est pour le mois de février. La clef a tourné tout de suite et tout ce qu’elle a demandé jusqu’à présent, la clef a tourné et tout est bien arrivé. A présent nous allons voir si c’est vrai. En n’avez-vous pas entendu parlé de ce truc ? dans tous les cas, nous verrons ça. 
Plus rien de nouveau pour aujourd’hui. Le bonjour à tous les parents et voisins, sans oublier Rémy et Ferdinand. Hier j’ai reçu une lettre de l’Oncle Henri. Il pense aller en permission dans le mois de janvier. En attendant le bonheur de nous voir bientôt, je vous embrasse tous du fond d’un cœur de chasseur. 

Henri.