25 janvier 1916 - Ma chère petite maman...

Aujourd’hui, c’est à vous que je viens m’adresser, en même temps vous dire que je viens de recevoir la lettre à Blandinou, m’annonçant que mon colis était en route, alors merci à tous. D’après ce qu’elle me dit, vous êtes tous en bonne santé. J’aime à le croire et avec plaisir. Je puis vous en dire de même, ça va toujours à merveille, suis jamais bileux, surtout quand je suis en repos. Vous pouvez croire que j’arrive le vin alors ne doutez pas si je m’en paye quelques litres au pluriel. Je vous ai fabriqué une bague dont je pense vous fera plaisir, mais j’ai peur qu’elle vous soit un peu petite. Je vous en ai fait la même à toutes les 3, à présent je vais penser au papa, car il serait jaloux, ce que je ne veux pas tout donner. J’arriverais à vous contenter, surtout ne vous faites pas de mauvais sang, car c’est fort probable que nous ne remonterons pas aux tranchées. J’irais vous voir avant, puis je ne vois pas qu’il y ait de quoi se biler. Le temps n’est pas froid, jamais ces jours-ci, il fait bon. 
Embrassez bien le papa pour moi et à vous, mes plus gros baisers. 

Riri.