21 janvier 1916 - Bien chère petite sœur...

Je viens de nouveau te faire un petit moment la causette. Je pense que ma petite lettre vous trouvera tous en parfaite santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile. Voilà un jour de passé, nous sommes relevés lundi 24, alors tu vois ça aura vite passé. Il est fort probable qu’après nous irons au grand repos dans la Somme du côté d’Abbeville. On fera quelques jours de grandes manœuvres puis la permission, ce qui m’intéresse le plus, à moins que d’ici là, il y ait du nouveau, car je crois que ça commence à aller assez mal puisque là-bas en Serbie, les nôtres battent toujours en retraite et les Monténégros qui se sont rendus. Hier j’ai reçu une lettre de Guiguite, une carte de Riri, une lettre de Maria et une carte d’Elisabeth. Maria me raconte toutes les propositions que tu lui fais les veilles que tu vas chez elle. Vous avez l’air de ne pas trop vous biler, heureusement xx tu en as des idées et des femmes en vue, tu ne resteras sûrement pas dehors, ni à marier, seulement je ne connais pas le gros Chape. Je ne vois pas qui ce peut être. Nous avons toujours le même temps, pas froid du tout, mais de temps en temps il tombe un peu d’eau. 
Plus rien pour aujourd’hui. Le bonjour à Rémy et Ferdinand. Pour vous tous mes plus tendres baisers et douces caresses. 

Ton petit frère. Riri.