25 décembre 1915 - Cher frère et belle-sœur...

Je m’empresse de répondre à votre aimable lettre qui m’a fait grand plaisir d’apprendre de vos bonnes nouvelles, qu’elles soient bonnes. Moi la santé est très bonne, Dieu merci. J’espère que ma présente vous trouvera tous de même. Je vous assure qu’ici, il ne ferait pas bon être malade car on est vite soigné. Grâce à Dieu jusqu’à présent, je suis toujours bien portant. Chers parents, à présent comme vous devez le savoir, je suis au ravitaillement depuis un mois. On est tranquille. En faisant son travail, personne nous embête mais on a de turbin. Nous passons une nuit sur deux, le lendemain nous avons peu de chose mais on n’est pas embêté. Mais n’importe quel temps qu’il fasse, il faut marcher. Aujourd’hui fête, je ne peux pas aller à la messe ce matin. Il a fallu aller au ravitaillement. A présent, nous serons tranquille jusqu’à demain à 1 h de l’après-midi. Nous partons pour ravitailler. Nous sommes de retour vers les 11 h ou minuit pour repartir le matin 7 jusqu’à 9h, un jour sur deux. Enfin tout de même, ça me plait mieux ça que d’être aux tranchées. On est bien moins exposé. Vous donnez bien le bonjour de ma part à Maria et à tout le monde. Rémy m’a écrit une fois. Vous m’enverrez l’adresse de Henri. Aujourd’hui, nous faisons un petit festin hier soir quand nous sommes rentrés à 10h du soir. Nous avons fait réveillon. Nous sommes 8, on s’accord bien, je profite en même temps pour vous souhaiter une bonne année et heureuse année, surtout que cette guerre finisse bientôt. 

Votre frère qui vous embrasse bien tous. H.H. conducteur au CH ; B du 224ème, secteur 41.