Avant de quitter les tranchées, c’est avec vous que je viens m’entretenir aujourd’hui un petit moment avec vous. J’espère que ma lettre vous trouvera tous en parfaite santé et que vous êtes assez courageux pour ne pas vous faire du mauvais sang, du reste vous devez comprendre que celui ou celle qui m’a protégé jusqu’aujourd’hui est capable de me protéger jusqu’à la fin qui n’est peut-être pas loin. Je vais toujours à merveille et nous sommes dans la merde jusqu’aux genoux car chaque jour il pleut.
Enfin nous en sortons cet après-midi. J’ai touché une autre paire de chaussettes. J’oublie toujours de vous dire qu’en venant j’ai passé à Paris à la Gare de Saint-Denis.
Tous les jours il part des permissionnaires pour la 2ème fois, alors bientôt nous aurons le plaisir de nous voir et rigoler un peu tous ensemble, car vous savez je suis toujours le poilou ou vitrier comme vous voudrez, pas bileux et tâchez moyen d’en faire de même.
En attendant, je vous embrasse tous bien du fond de mon petit cœur.
Ricou.