Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec grand plaisir en apprenant tes bonnes nouvelles. Je vois que vous êtes un peu tristes comme Rémy vient de vous quitter, mais que veux-tu, il ne faut pas s’en faire, espérons que bientôt nous arriverons pour plus partir.
Moi ça va toujours à merveille et nous sommes en réserve, bien en arrière dans de grands trous, à l’abri. Seulement ils nous emmerdent pour nettoyer les tranchées car avec ces temps de pluie, c’est rempli de boue. Si tu voyais dans quel état qu’on se met. Heureusement nous avons des souliers de repos pour nous mettre au sec. Enfin bref tout cela n’est rien.
Aujourd’hui il est encore parti 7 permissionnaires et attends un peu que moi j’y aille, je vous remuerais un peu, je vous ferais laisser le mauvais sang de côté et de même pour Maria, elle m’écrit aussi.
Enfin, plus rien pour aujourd’hui, surtout ne vous en faites pas pour moi, je vous embrasse tous bien tendrement.
Henri.