3 octobre 1915 - Mes chers papa, maman et petite sœur...

Deux mots aussi aujourd’hui pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes, dont j’espère que ma petite lettre va tous vous trouver plein de courage et de bonne santé. Aujourd’hui, j’attendais une lettre de votre part, mais il n’en est point arrivé, alors je remets tranquillement ça à demain. En ce moment, je crois que les lettres circulent assez difficilement, j’ignore même si vous recevez bien les mêmes. Nous sommes toujours en arrière, alors c’est une affaire. Là on fait du feu, on se chauffe, on se fait même le café de temps en temps. Enfin, on se fait toujours pas de bile. Cette nuit, il avait tombé une gelée blanche pas ordinaire, mais dans la journée, il en fait très bon, il vaudrait un peu plus frais et pas de pluie. Plus rien de nouveau pour aujourd’hui en attendant le plaisir de nous revoir. Je vous embrasse tous bien tendrement. Le bonjour à tous, les parents et voisins sans oublier Rémy.

Votre petit chasseur qui pense à vous et ne s’en fait pas. Vareille Henri.