28 octobre 1915 - Bien chère petite sœur...

Je réponds à ta gentille lettre que j’ai reçue hier soir avec grand plaisir en apprenant tes bonnes nouvelles. Alors vous avez eu la visite de Vallon. Toujours vous avez quelques surprises inattendues et vous en aurez encore peut-être plus tôt que vous ne croyez. Enfin en attendant, je ne fais toujours pas de bile. Sommes toujours dans nos trous et puis n’en sortons pas souvent, or il pleut souvent alors tu penses si on en fait des parties de cartes. C’est par moment, une belle et drôle de vie. On ne touche plus qu’un quart de vin par jour alors on ne veut pas nous saouler. C’est dommage que Rémy est eu sa permission si tôt car si il avait attendu quelques jours de plus, on aurait pu se voir, car tu sais, je crois bientôt partir. Nous avons encore 4 jours de tranchées, après il en partira beaucoup alors nous pouvons compter nous voir bientôt. 
En attendant cet heureux jour, je vous embrasse tous bien tendrement. N’oubliez pas de temps en temps un papier de 5 fr car on trouve à les faire changer au repas. A bientôt. 

Votre petit chasseur. Henri.