21 octobre 1915 - Chère Blandinette...

Deux mots pour te donner mes nouvelles qui sont toujours très bonnes et j’espère que ma lettre vous trouvera toujours tous de même. Ce matin, nous avons nettoyé notre cantonnement, car le commandant devait passer la revue cet après-midi. Depuis midi, je suis de garde jusqu’à demain à midi, on prend 5 heures de faction chacun sur 24 h, alors tu vois on n’a pas beaucoup de peine. On prend la faction à côté de la ligne de chemin de fer, alors à chaque demi-heure, il passe un train et ça fait passer le temps, puis là à côté, il y a une gare assez importante, c’est Tinocques, là où je vais au salut. Enfin tu peux croire, on ne se fait pas de bile. Ce soir nous touchons le prêt, mais jamais qu’un sous par jour. Ces 5 sous se seront engloutis comme du reste je l’ai toujours pensé, nous touchons 100 grammes de tabac tous les 5 jours, mais j’arrive très bien à le brûler, on n’a guère que ça à faire alors ça passe le temps. Hier, il est parti 2 permissionnaires, alors tu vois qu’elles xx bien, alors bientôt nous aurons le plaisir de nous voir alors de près. En attendant cet heureux jour, je vous embrasse tous du fond de mon petit cœur mais par la poste. 

Votre petit fils. Vareille Henri.