12 octobre 1915 - Chère Blandine...

Je réponds à ta lettre datée du 7 que je viens de recevoir avec grand plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles et puis je m’aperçois que tu bois de bons canons de vin blanc quand le rouge ne te convient pas. Ca c’est une bonne affaire. Mais moi je fais comme ça quand je suis au repos. Ca va toujours à merveille et depuis 5 jours, je suis aux tranchées et nous sommes relevés demain soir. Nous allons 2 jours en réserve puis au repos. Hier nous avons de nouveau essayé d’attaquer mais il y a plus rien à faire. Les boches snt bien là où ils sont. Le 42ème bataillon n’a pas voulu attaquer et nous le 44 n’a pas réussi, mais il n’y a presque pas eu de tués. Je crois que tous les régiments vont faire la même chose, plus marcher et il y a que ça pour finir la guerre à présent, on ne fera que de maintenir les positions en attendant j’espère la paix. Enfin on se fait toujours pas de bile et tâchez moyen d’en faire de même. Pour le tricot et les chaussettes, ne m’envoyez rien sans que je vous écrive si toutefois je pouvais aller le chercher, ça vaudrait encore bien mieux puis jusqu’à présent, il n’a pas fait froid. Plus rien pour aujourd’hui, en attendant le plaisir de vous voir, je vous embrasse tous bien tendrement. Embrasse bien des mimis à Riri. 

Ton petit frère. Vareille Henri.