Tu me pardonneras du retard que j’ai eu pour te faire réponse, car je deviens négligent pour écrire. Je te dirai qu’aujourd’hui, j’ai reçu des nouvelles de Maria de Gamesse, car ça m’a fait plaisir d’apprendre qu’elle est toujours en bonne santé et je pense que toi tu en es de même. Je te dirai que ton frère Henri m’a écrit et il me dit qu’il est au repos pour 24 jours mais quand même il est exposé aux éclats d’obus mais ce qu’il y a de bon, il ne se décourage pas. Il y prend pour habitude, il ne se fait pas de mauvais sang et puis il donne toujours bon espoir.
Pour moi, je me fais jamais de mauvais sang. Depuis que je suis au régiment, j’avais jamais si bien été car aujourd’hui, nous étions à l’exercice. On a été peut-être à 3 km dans les bois et bon c’est assis. On y a resté environ une heure et demi et l’on a parti. On a fait encore 900 m et l’on s’est reposé encore une demi-heure et l’on a rentré, voilà l’exercice que je fais presque tous les jours, sauf quand il a des marches comme demain nous avons. Je peux te dire depuis deux mois que je suis ici à Chibron, j’en ai guère fait du travail, pourvu que ça dure comme ça tout l’hiver, mais ça n’est pas bien sûr. Je te dirai aussi que Ferdinand m’a écrit et il me dit que les premiers, ça lui savait mal de toi, mais que maintenant ça lui a passé. Il en prend l’habitude. Je crois que tu aimes mieux lui que moi, mais quand même je vois que tu penses un peu à moi.
Quand tu m’écriras, tu me donneras des nouvelles de Louis Charier, car les premiers temps le trouvera le métier un peu dûr, peut-être que je le verrai parce que son régiment il est avec moi ici à Chibron, mais quand même je crois pas qu’il vienne ici, il restera à Toulon et tu donneras bien le bonjour pour moi à Rémy ainsi qu’à Maria de Gamesse et à l’oncle et à la Tante et aussi au petit Riri.
Je t’en dis pas davantage, reçois les meilleurs amitiés de ton cousin Vareille J.
Adieu, bon courage.