29 septembre 1915 - Ma chère Titine...

Je réponds à ta lettre que j’ai reçue hier soir avec plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles et puis je vois que tu ne t’en fais pas trop, surtout pendant ces vendanges et je vois aussi que tu reçois toutes mes lettres.
Tu fais bien va de bien boulotter des raisins, seulement tout ce vin qui cuve dans les xx, il faudrait tâcher moyen d’en mettre quelques litres de côté pour moi afin que je puisse goûter la boisson de ces demoiselles, car du vin fait par mes demoiselles doit être meilleur que l’autre, enfin entre les deux, pensez à moi.
Ca va toujours à merveille et ne m’en fais jamais tu sais, nous progressons toujours, nous avons avancé environ 2 km en profondeur et je crois que ce soir la brigade est relevée, alors c’est une affaire, aller au repos. Il paraît que nous avons avancé sur pas mal d’endroits. Les permissions reviendront sûrement, à moins que ça finisse bientôt, ce qui vaudrait encore mieux.
Nous avons la pluie, si c’est le même temps chez vous, vous avez une triste foire à Lamastre, car c’est aujourd’hui le jour. Heureusement nous sommes en réserve alors on ne se mouille pas.

Embrasse bien le papa et la maman pour moi, le bonjour à Rémy et tous les oncles et tantes, cousins et cousines et pour toi mille bisets à distribuer. Riquet.