Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec grand plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles et puis t’as l’air de bouffer pas mal de raisins, mais tout ça ne m’engraisse pas beaucoup moi ici, enfin nous allons remettre ça à plus tard.
En attendant, ça va toujours à merveille et ce matin nous sommes venus encore en arrière, alors à présent nous sommes bien tranquilles. Ici sur notre côté les boches sont bougrement durs à partir, nous les avons reculés un bon xx mais ils se sont de nouveau amarrés. C’est dur pour les déloger surtout qu’ils sont sur une crête, alors ils s’y trouvent bien, mais ils seront quand même bien obligés de partir plus loin, il paraît qu’en Champagne ça marche très bien. La cavalerie les a chargés plusieurs fois. Enfin ici hier, ils nous ont salement bombardés.
J’ai reçu une carte de Henri Chomel. Je crois qu’il va aller en convalescence, ainsi qu’une lettre d’Albert.
Plus rien pour aujourd’hui, ne mange tout de même pas trop de raisons. Les permissions recommencent, à moins que la guerre finisse bon peut, surtout ne vous faites pas de mauvais sang car moi je ne m’en fais pas une minute.
Je vous embrasse tous bien tendrement. Henri.
PS : J’y joins la carte d’Henri Chomel.