Ce soir avant d'aller au salut, je viens de nouveau m'entretenir un moment avec toi. J'espère que ma petite lettre vous trouvera tous en bonne santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et tu peux croire que je ne m'en fais jamais.
Ce matin, nous avons été un peu à l'exercice et l'après-midi, nous n'avons pas fait grand-chose. On nous a donné à chacun une couverture en flanelle rouge. Peu à peu, on nous monte un neuf complètement.
Il m'est arrivé une lettre du pauvre Phylémon Gayte. La dernière que je lui avais envoyé, j'ai aussi écrit à ses parents mais ils ne m'ont pas répondu. Je ne sais pas si la lettre ne leur serait pas parvenue.
Tu diras à Maria que je lui ferai aussi une bague mais à présent je n'ai pas d'aluminium alors il faut retourner aux tranchées. Sur sa dernière lettre, elle me demandait si elle était pas encore faite et puis sur sa réponse j'ai oublié de lui en parler.
En ce moment, il passe sur ma tête 10 aéroplanes tous ensemble.
Embrasse bien le papa et la maman pour moi et pour toi mille baisers à distribuer. Ton petit frère, Riquet.