Je réponds à ta lettre que j'ai reçue hier soir avec plaisir en apprenant que vous êtes en bonne santé mais c'est bien ennuyeux que la maman ait toujours mal à l'estomac, enfin toi, tâche moyen de bien la faire soigner.
Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile. Comme tu dis, il faut que nous soyons fous lorsqu'on va aux tranchées chargés comme on est et jamais je ne suis resté en arrière.
Je vois que tu fais toujours un commerce du diable avec tes lapins, tes poussins, mais tu devrais en avoir un bleu puisque tu as le blanc et le rouge.
Il paraît que le fils Teyrasse qui était en Corse avec moi a une jambe cassée, peut-être même coupée, mais enfin j'espère qu'il y a moins de mal que ce qu'on m'a dit. Il était au 226ème de ligne, un régiment qui prend les tranchées tout près de nous.
Les matins, nous faisons toujours du service en campagne, alors dans ces champs on voit des lièvres dans tous les coins, ça en est remplit et puis ici aussi les terres sont remplies de chiendent.
Enfin, plus rien de nouveau pour aujourd'hui. La vigne, y a-t-il beaucoup de raisins et doivent bien changer à présent.
Embrasse bien le papa et la maman pour moi et remercie les biens car les petits billets arrivent à très bon port. Le bonjour à Rémy et pour toi mes souvenirs. Riri.