Aujourd'hui aussi je viens m'entretenir un petit moment avec toi. Je pense que ma lettre vous trouvera tous en parfaite santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile.
Hier soir, je suis au salut à Magnicourt. On est cantonné le 97ème d'Infanterie. Ils ont un superbe aumônier. Il parle très bien, puis les hommes sont beaucoup plus dévots qu'au 44ème. L'église était bondée de soldat et ici au 44ème, il n’y en a jamais beaucoup. C'est beaucoup de Parisiens. Tandis qu'au 97, ce sont des Savoyards. Enfin bref, ce soir j'y retourne avec mon cabot.
Tu ne m'as pas encore dit si t'avais reçu les cartes que j'ai envoyées venant de la Louvise., une du papa et une de Marguerite et une d'Elisabeth.
Le matin, nous allons toujours à l'exercice et l'après-midi, nous ne faisons pas grand-chose, seulement je n'ai plus d'aluminium pour faire des bagues.
A présent, les permissions ne durent plus que 4 jours. Au début, c'était 8 jours puis on l'a mis à 6 et à présent c'est 4, alors j'espère qu'après la guerre, elles seront plus longues.
Plus rien de nouveau pour aujourd'hui. Embrasse bien le papa et la maman pour moi, le bonjour à Rémy et Ferdinand et pour toi mes plus gros bécots. Votre petit frère et fils qui ne s'en fait pas. Vareille.