28 août 1915 - le front - Chère petite sœur...

Deux mots aussi aujourd’hui pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes, dont j’espère que ma lettre vous trouvera tous toujours plein de courage et de bonne santé.
Aujourd’hui j’attendais bien une lettre de toi, mais non ça doit être pour demain dimanche. Quand même à présent que vous êtes moins pressés. Il me semble que tu pourrais m’écrire un petit peu plus souvent. Ca fait 4 jours que je n’ai rien reçu. Ce n’est pas que je languisse, seulement j’aime bien recevoir des lettres de mes chers petits parents. Aujourd’hui j’en ai eu une de Maria et de Vallon de Saint Félicien dont tu me parlais dernièrement.
Depuis que nous sommes au repos, nous n’avons pas encore fait d’exercices, on ne passe que des revues.
Cet après-midi, on a été se débarbouiller dans une petite rivière. La moisson est à peu près terminée, encore quelques petits carrés d’avoine mais on n’en voit plus guère.

Plus rien de nouveau pour aujourd’hui. Le bonjour à l’oncle et Rémy, tous les parents et voisins et pour vous tous les plus tendres souvenirs de votre petit Henri qui ne s’en fait pas.