16 août 1915 - le front - Ma chère Blandine...

De même aujourd’hui comme d’habitude, je ne laisse pas passer la journée sans te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes et j’espère bien que ma lettre vous trouvera tous de même.
Cette nuit, il a foutu de la pluie toute la nuit et dans la journée il faisait assez bon, mais s’il a plu là-bas comme ici, vous ne devez pas avoir envie de battre.
Je te fais compliment de ma chemise. Je l’ai prise hier soir, elle me va à ravir. Les manches et le tour du cou tout bien, ainsi que les chaussettes dont je ne les avais pas encore essayées, mais j’ai remarqué que les talons étaient tout à fait bien arrangés. Je vous remercie de tout cœur. Ce soir je vais de nouveau au Salut comme d’habitude.

Enfin plus rien de nouveau pour aujourd’hui, le bonjour à tous ceux qui vous aident à battre, ainsi que tous les voisins et pour vous tous, les meilleurs souvenirs et amitiés de votre chasseur. Henri.

PS : ce matin, nous sommes allés à l’exercice mais nous n’avons rien fait car après que notre vieux est parti, ça marche bien même.