13 août 1915 - le front - Ma chère Blandine...

Aujourd’hui aussi avant de changer de cantonnement, je vais aussi te causer un petit peu mais je fais ma lettre plus tôt que d’habitude car nous partons d’ici à 9h, alors après la soupe je n’aurai pas le temps. Nous allons dans un petit village où nous avons cantonné déjà plusieurs fois, alors nous y sommes connus.
Nous mangeons la soupe à 16h, j’attends ma lettre de toi mais on ne les distribue qu’à 4h30. Je pense que ma lettre vous trouvera toujours en parfaite santé. Pour moi, ça va à merveille.
Dimanche 15 août, je pense pouvoir aller communier. Toujours nous avons la pluie de temps en temps.

Plus rien pour aujourd’hui. Le bonjour à l’oncle, Maria et Riri, enfin à toute la maison les plus tendres amitiés de votre petit guerrier qui ne s’en fait pas. Je vais prendre un litre de vin pour faire la marche. Riquet.