3 juillet 1945 - le front - Ma chère Blandinou...

Aujourd’hui aussi je viens m’entretenir un peu avec toi. Je suis toujours dans mon château, mais je crois que ce soir nous allons le laisser pour aller au repos. Nous mangeons toujours de la groseille et puis des cerises. Nous grimpons sur les cerisiers et puis on boulotte. Ma santé est toujours excellente et j’espère que ma lettre vous trouvera toujours tous au mieux. Nous avons toujours un temps lourd et chaud par moment. Heureusement ces jours-ci il ne pleut pas.
Nous avons notre lieutenant qui faisait les fonctions de capitaine qui a pris son 3ème galon. C’est un vieux barbu tout blanc, il a toute sa barbe tout à fait blanche, puis il n’est pas petit, il pèse 118 kg.

Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Le bonjour à l’oncle ainsi qu’à Rémy, Ferdinand et aux voisins et pour vous deux mes amitiés.
Hier et aujourd’hui, je me suis levé à 8h donc tu vois que je dors bien. J’ai eu une lettre de Rémy. Il va très bien. De temps en temps, je trouve quelques poux. Tous nous en avons mais la poudre doit y faire pour que j’en trouve très souvent.

Au plaisir de vous revoir, votre petit Henri.