11 juillet 1915 - le front - Ma bien petite sœur...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes et dont j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même. Aujourd’hui dimanche, ce matin, je suis de nouveau allé communier alors tu vois si je suis sage. Je pense que tu auras reçu la lettre sur laquelle je te disais que j’y étais allé de nouveau.
Il y a 15 jours aujourd’hui, le dimanche où nous sommes partis aux tranchées et jusqu’à présent, il vient d’arriver un ordre de monter nos sacs et nous tenir prêts pour ce soir. Maintenant je ne sais pas si ce sera vrai. Je suis toujours content d’avoir fait ça ce matin, alors nous irons voir nos collègues les boches. Nous devrions cependant passer le 14 juillet ici. On a un litre de vin par homme et puis tout un tas de boustifailles que je t’expliquerai parce que je l’aurai bouffé.
Nous n’avons jamais eu joli temps. Il ne pleut pas mais c’est un temps brumeux.

On ne se fait toujours pas de la bile. Tachez moyen d’en faire de même. Je vous embrasse tous bien tendrement. Le bonjour à l’oncle et Rémy et les voisins. Votre petit Henri.