Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec plaisir en apprenant que vous êtes tous en assez bonne santé, et puis que vous avez une belle récolte. Espérons qu’elle se maintiendra aussi jusqu’à la fin. Et vous tous en turbinant pas trop, de manière à ce que vous puissiez conserver votre santé. Tâchez moyen de bien vous soigner, au moins ne vous en faites pas pour moi, car je ne risque rien.
Je trouve toujours moyen de me débrouiller, voilà 8 jours que nous sommes au repos. Et je ne sais quand est-ce qu’on retournera aux tranchées. Ma santé est toujours excellente. Nous allons à l’exercice une fois par jour et l’après-midi, nous lisons quelques petites revues, histoire de nous amuser.
Toujours nous avons quelques nouveaux prisonniers, nous avançons toujours doucement.
Ce soir, je ne peux pas aller au mois du Sacré-Cœur car je suis de garde jusqu’à demain dimanche à l’heure de l’après-midi, alors je ne pourrai pas aller à la messe. Ce que je regrette, mais j’irai aux Vêpres.
Tu me dis que tu penses à moi dans tes prières, mais moi je pense aussi à vous tous et prie beaucoup pour vous car vous avez besoin de la santé autant que moi.
Alors les cerises commencent à changer. Je regrette de ne pas aller en manger et surtout aller vous aider à faucher puisque vous avez tant de fourrages. Enfin, il faut laisser ça pour l’année prochaine.
Enfin, ne vous faites pas de mauvais sang pour moi, car je ne m’en fais pas du tout. Même pas une minute. Vous pouvez en être surs. Votre petit Riri qui pense à vous tous et ne s’en fait pas. Vareille Henry.
PS : J’ai reçu une lettre d’Albert qui est dans la Meuse, qui est dans les tranchées aussi.