15 juin 1915 - le front - Ma chère Blandinette...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours excellentes et donc j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même.
Ce soir, nous allons de nouveau quitter nos boches pour quelques jours. Jusqu’à présent, de notre côté, ils ont été assez gentils. Je viens de trouver dans la jambe de mon pantalon, sous ma molletière un peu comme une noix. Alors je me suis vite poudré et à la même occasion, j’en profite pour te demander un autre paquet de cette poudre de Cevadille dans une lettre, car j’en ai prêté et il ne m’en reste plus qu’un. Et ma foi, il ne me faut pas attendre d’en n’avoir plus pour réclamer.
Ces jours-ci, le temps est de nouveau bien beau, alors je vous vois bûcher pour faucher.

Ne vous en faites au moins pas pour moi, car vous savez ici dans les tranchées, on ne s’en fait pas. Mes amitiés à toute la famille. Mes amitiés aux amis et aux voisins. Vareille.