13 juin 1915 - le front - Ma chère Blandinette...

Aujourd’hui je viens de nouveau m’entretenir avec toi.
Je me suis approché un peu des boches, mais toute la nuit ils ont été assez gentils. Nous leur avons rien dit, ils ne nous ont rien dit non plus. Du reste, là où nous sommes, ils ne peuvent pas bien contre-attaquer, car nous sommes assez loin et puis, il y a une petite rivière qui nous sépare, puis ils n’ont rien à faire car le 75 les attend partout. C’est surtout des combats d’artillerie et nous, nous sommes dans les tranchées, là comme des xx. On ne s’en fait tu sais. Nous restons là jusqu’à mardi soir. Ce qui fait 3 jours, puis nous allons de nouveau au repos.
Aujourd’hui le temps est plus beau qu’hier et tout ces jours d’ailleurs.
Voilà 15 jours que je n’étais pas venu si prêt, mais depuis nous avons progressé, alors tout doucement on y arrivera à les expulser ces cochons là.
Ca va toujours à merveille et je pense bien que vous êtes de même. Je vous vois d’ici pour faucher ou rentrer le foin, là n’as-tu pas encore pas pris ma XXX pour finir les XX de foin.
Assez pour aujourd’hui. Ne vous faites au moins pas de mauvais sang, car vous le voyez, je ne m’en fais pas une seconde. Mes amitiés à tous. Ricou.