10 juin 1915 - Corse

Aujourd’hui, je vais écrire à ton frère Henry. Tu lui donneras le bonjour. Tu feras pas attention à ma lettre car elle est toute tachée chère Blandine, mais tant pis. Tu ne la feras pas voir. Je te fais réponse à ta lettre qui m’a bien fait plaisir de savoir de tes nouvelles que vous soyez tous en parfaite santé. Pour moi, je peux te dire autant.
Ma chère amie, tu me dis que je tarde bien de t’envoyer ma photographie, mais dimanche passé, je te l’ai envoyée mais tu ne l’as pas reçue encore quand tu faisais ma lettre, mais maintenant je pense que tu l’as reçue, mais si tu ne la reçois pas, tu me le diras. Je suis pas bien joli parce que mes moustaches ils ont pas assez poussé, mais tout doucement ils pousseront.
Ma chère amie, je te dirai que si je reste pas très loin je pourrai aller en permission. On nous donne des permissions de 24h mais il me faudrait 19 jours au moins, mais on les donne pas. Je t’envoie le xx de mes petites XX.
Je pense que vous devez commencer de faucher les prés et tu dois bien avoir du travail, mais tu es pas seule, tous ils en doivent bien avoir car il y a personne. Je ne serai pour moissonner le blé comme vous débrouillez.
Je te dirai pas grand-chose aujourd’hui car je n’ai pas le temps. Il me faut aller laver mon linge, mais si tu nous voyais, tu rigolerais bien mais tu sais qu’ils nous font tout faire, mais xxxxxxx on le plaint pas.

Enfin, il me faut terminer ma lettre car j’ai plus du papier, il se fait petit. Je termine ma carte en t’envoyant des grands mimis. Ton ami qui pense à toi. Tu donneras bien le bonjour à tes parents pour moi ainsi qu’à ma mère si tu la vois. Jaubert XX