Je réponds à la gentille lettre de Blandine, je vous remercie beaucoup de vouloir bien m’écrire. Je suis toujours bien content car je reçois des nouvelles du pays. Je suis toujours en très bonne santé et je désire que ma petite lettre vous trouve.
Je suis toujours en Argonne, mais ce n’est pas un pays favori pour nous car nous avons souvent la visite des aéroplanes allemands. Notre maison a été démolie par une bombe, heure que nous étions pas levés.
Ici il fait un joli temps, aussi le canon tape dur. Pour le moment, que faites-vous pour le moment ? vous devez chercher des pommes de terre à grand train. Il doit faire chaud là-bas à Dessaignes, ça me ferait bien plaisir d’aller voir le pays.
Voilà déjà plus d’un an que je n’ai pas vu le pays, enfin je prends toujours bien patience mais ça me ferait bien plaisir de voir finir au plus vite cette affreuse guerre, car ce n’est pas une guerre, c’est un massacre. Ah les sales boches. J’ai quand même espoir que cette guerre finira bientôt.
Aujourd’hui, j’ai trouvé Faurel et Noualhits de Dessaignes. Ils remontent aux tranchées.
Plus grand-chose à vous dire pour aujourd’hui, je vous serre cordialement la main.
H. Maneval. Bonjour à votre gendre et Maria et embrassez Blandine pour moi.