Je réponds à tes lettres que je viens de recevoir avec tant de plaisir en apprenant que vous êtes toujours tous en bonne santé. Pour moi, je puis t’en dire de même. Ma santé est toujours excellente.
C’est aujourd’hui que je reprends mon service. Ce matin, nous sommes allés lavés et nous n’avons plus rien fait. Cet après-midi, il pleut alors nous ne ferons pas grand-chose non plus.
Hier on en a nommé 35 par compagnie pour passer la revue aujourd’hui et ils partent demain matin par le train de 6h. Tu peux croire que la compagnie a beaucoup diminué. A présent, 35 demain et 35 la première fois, ça fait 70 qu’il en manque. Nous aussi nous étions nombreux au commencement auxiliaires ou autres employés, nous étions 350 par compagnie. A présent, il y a toujours la moitié des plats de reste, tu peux croire qu’on n’endure pas faim et puis on ne se fait pas du mauvais sang. Heureusement, il ne part aucun de mes camarades de cette fois-ci. Je ne sais pas du tout quand est-ce que je partirais.
Vous avez maintenant un nouveau voisin. Je vois que vous avez tous arrangé les treillages et travaillé la vigne, enfin vous êtes tout à fait en avance.
Aujourd’hui, deux de tes lettres, une de Maria et une de Carle qui est sur le front. Un jour ils ont enlevé d’assaut 8 lignes de tranchées allemandes qu’ils ont conservées mais les allemands ont contre-attaqué cinq fois, toujours ils ont été repoussés à son bataillon. Il ne reste qu’un capitaine et un lieutenant de son escouade. Ils étaient 14, ils ne sont plus que 6 maintenant. Son régiment est en repos pour la réponse.
Je ne vois plus grand-chose pour aujourd’hui. Le bonjour à Rémy et au voisin et pour vous tous les meilleures caresses de votre petit soldat qui pense à vous. Riri.
J’ai de nouveau mangé quelque chose à la crème et comme tu me dis, ça ne me fait de mal je trouve.