Peut-être sommes-nous plus près de la délivrance que nous croyons. C’est bien à désirer. Vous devez en avoir.
C’est avec plaisir que je viens de recevoir ta bonne lettre, je te remercie beaucoup. Pour le moment, la santé est excellente. Quant à mes dents, elles ne font pas mal pour le moment, la crise n’a pas été bien forte, mais cette année, je ne discontinue pas. J’espère que ma lettre te trouvera en parfaite santé. Je regrette beaucoup de n’avoir plus de photo. Jeudi j’ai porté la dernière aux Auches, mais si jamais j’en faisais refaire, sois certain, je t’en enverrai une, toutefois je ne sais pas si mes parents voudront que j’en fasse reproduire car ça fait deux fois. Je ne suis pas étonnée du tout que le secteur ne vaille pas l’Artois, car les gens de la Meuse ne valent pas les Boches, sans parler du danger bien plus grand auquel vous êtes exposés. J’ai très bien lu les quelques mots que tu sais. Je te remercie beaucoup. J’ai cherché sur la carte, je sais donc à présent où tu te trouves. Peut-être ma lettre te trouvera encore aux tranchées. En moins j’espère que non, enfin tâche d’avoir toujours bon courage. Ca ne peut pas durer ainsi éternellement par-dessus le nez comme on dit.
Mes parents t’envoient bien le bonjour. En attendant le plaisir de te lire, reçois mes meilleures amitiés et un bon baiser.
Elisabeth Boutellier.