15 avril 1916 - Monsieur et Madame Vareille...

Je vous écris ces quelques lignes pour vous faire savoir que j’ai reçu le colis de votre fils et comme il a été évacué, je n’ai pas osé le lui envoyer car je ne connais pas son adresse, mais j’espère qu’il m’écrira bientôt, car sa maladie n’était pas trop grave alors pour le renvoyer chez vous ?
J’avais peur qu’il ne se rende pas alors chers, je l’ai gardé et on l’a mangé avec son escouade. Il y avait deux fromages de chèvre et un fromage de patés l’amadou et un cahier de cigarettes que j’ai gardé moi-même.
Alors si vous voulez, je vous le payerai, tout comme ça on sera d’accord.
Chers amis, si vous recevez de ses nouvelles avant moi, vous me le ferez savoir s’il vous plait car je languis de savoir où il est.

Toute son escouade vous envoie le bonjour. Recevez du camarade à Henri une bonne poignée de mains. Tison Eugène.