14 mars 1916 - Chère Nièce...

Je réponds à ton aimable lettre que j’ai reçue avec plaisir. J’en garde un grand souvenir. Je vois une fois de plus que tu penses à moi, ainsi que toute la famille. J’en ai éprouvé un réel plaisir. Je vois enfin que jusqu’à présent, vous allez tous bien. Vous n’avez pas trop été éprouvés par la guerre, que Dieu nous protège toujours comme il a été jusqu’aujourd’hui en attendant la fin des hostilités. Je ne sais quand, peut-être plus tôt qu’on croira. Ca serait bien déjà assez long surtout pour des hommes de mon âge. Chère Nièce, j’ai eu un grand plaisir d’apprendre que ton frère est resté quelques jours auprès de vous, assurément que ça devait vous faire de la peine de vous séparer. J’ai toujours gardé un bon souvenir de lui, je lui souhaite une bonne santé, que Dieu le rende sain et sauf auprès de vous. Chère Nièce, ma santé est assez bonne pour le moment, je souhaite de tout cœur que vous en soyez de même. La guerre m’est bien un peu dure, malgré cela je la prends assez avec patience, d’ailleurs on est obligé, rien ne change les choses. Ce n’est pas que je fatigue bien, un jour bon, l’autre mauvais, le temps passe, un peu la vie en danger.
Je termine en t’embrassant de tout mon cœur ainsi que le papa et la maman. Un grand bonjour à ta sœur Maria et à tous les parents. Reçois chère Nièce, les meilleurs souvenirs en attendant si Dieu nous prête vie le plaisir de se revoir.

Buffat Joseph.