Je réponds à ta lettre du 3 reçue avec beaucoup de plaisir en apprenant tes bonnes nouvelles et merci des 5 francs car en ce moment, j’ai bien le temps d’en bouffer et surtout pendant que je serais au grand repos car le temps que j’étais aux tranchées, je faisais des économies. Enfin, ça va toujours à merveille et ne m’en fais jamais. Quant à l’attaque des boches, elle est finie. Nous avons été tranquilles aux tranchées, comme tu dis qu’il y a eu quelques morts, mais enfin pas comme on croyait, il aurait pu y en avoir encore bien moins si on avait eu la première ligne, car on savait très bien qu’on allait sauter. Enfin bref, avec ça soyez bien tranquilles. J’irais sûrement vous voir tous avant d’aller revoir les boches. Tous les jours, il en part ces jours-ci. Il en part un de mon escouade qui est près de Lyon. Pour l’affaire des lettres, à présent, ça a passé, il en parlait plus et surtout tachez moyen d’être d’accord. Si toutefois ça se reproduit, écris le moi de suite alors je parlerais à Gounon. Ce soir j’irais au Salut car il y a une petite chapelle construite par le génie. Je l’ai trouvé hier, j’en savais rien. Il y a pourtant longtemps que je traîne dans ce petit village, mais elle n’est pas grande, alors ne se voit as de loin. J’ai reçu une carte de XX qui me charge de bien vous donner le bonjour et je la joins à ma lettre. Aujourd’hui, nous avons un temps superbe mais ce matin, il pleuvait.
Le bonjour à Rémy et Ferdinand en attendant le plaisir de nous voir bientôt. Je vous embrasse de mon petit cœur de chasseur. Ton petit frère qui pense à toi et ne s’en fait pas.
Henri.
PS : Hier, mon caporal avait bu un petit coup et moi aussi, alors on a chahuté comme deux chiens.