2 février 1916 - Chère petite soeur...

De nouveau aujourd’hui je viens te faire un petit moment la causette. Je pense bien que ma petite lettre vous trouvera tous en parfaite santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile. Nous sommes de nouveau aux tranchées mais en réserve, alors on est tout de même moins en danger, puis 4 jours ça a vite passé. Quand tu recevras ma lettre, je serai certainement au repos, bien tranquille, en train de boire quelques petits canons. Nous voici au mois de février, alors le moment de la permission commence à s’approcher. Depuis ces jours-ci, tous les permissionnaires avant de partir passent la visite devant le Major, alors c’est rigolo, en revenant aussi. Cette nuit, ça avait tout de même gelé un peu et tombé pas mal de gelée blanche.
Plus rien pour aujourd’hui, ne vous bilez au moins pas pour moi, car je ne m’en fais pas. Le bonjour à Rémy et Ferdinand. En attendant le plaisir de vous voir, je vous embrasse de tout cœur.

Ton petit frère, Henri.