11 janvier 1916 - Bien chère cousine...

Je viens de recevoir votre très aimable lettre qui me fait un grand plaisir de savoir que vous êtes tous en bonne santé. Quant à moi, j’en suis toujours de même. Vous remercierez beaucoup votre Maman de m’avoir envoyé un mandat de 5 fr. Elle est vraiment trop aimable pour moi, surtout déjà qu’elle a beaucoup à penser à votre Frère qui est lui aussi sur le front et encore plus aux venger que nous autres artilleurs, enfin vous remercierez infiniment vos bons Parents. Chère cousine, je viens de recevoir en même temps que votre aimable lettre une lettre de votre gentil frère, comme il me dit lui aussi, il est toujours en bonne santé et que Dieu veuille la lui garder jusqu’à la fin et qu’il ait le plaisir de revenir voir ceux qu’il aime. Je lui écris en même temps qu’à vous, car je n’osais pas lui écrire de peur qu’il ait changé de secteur comme votre Cousin Albert. Quatre lettres que lui ai écrit, l’une après l’autre me sont revenues donc j’ai mieux aimé attendre. Chère Cousine, voulez-vous bien m’envoyer la grosseur de vos doigts. Je vous ferais une petite bague ainsi qu’à ma cousine Maria. Vous lui direz qu’elle me donne sa grosseur et s’il ne m’arrive rien, je vous ferai aussi un médaillon ainsi qu’à votre maman. 
Je ne vois plus grand-chose à vous dire pour le moment. Recevez chère Cousine les meilleures amitiés de votre Cousin. 

Chatelet Louis. 
PS : Embrassez bien vos Parents pour moi ainsi que ma cousine Maria. Qu’elle envoie pour moi le bonjour à son mari qui est mon cousin, dont je n’ai pas le bonheur de le connaître pour le moment. Espérons que nous ferons notre connaissance sous peu. Au plaisir de se revoir bientôt. 
Chatelet Louis. 4ème Artillerie, 3ème Batterie, Secteur postal n° 44.